Belle réussite de l'exposition "Jean Moulin, un héros moderne"
Publié le 23 Avril 2013
L'exposition préparée par la Bibliothèque à l'occasion du 70ème anniversaire de la mort de Jean Moulin a fermé ses portes samedi 20 avril 2013. Elle a été vue par plus de 300 visiteurs qui se sont longuement attardés devant les 25 panneaux, prêtés par l'O.N.A.C. du Gard, relatant l'itinéraire de ce célèbre résistant et les heures sombres de la guerre, et devant l'ensemble des documents, témoignages et objets réunis par les bibliothécaires. Ils y ont découvert à la fois le voisin provençal mais aussi le dessinateur et caricaturiste de talent; part importante mais souvent ignorée de sa personnalité.

L'intérêt des visiteurs s'est tout particulièrement porté sur les archives du village et vers les nombreux objets de la vie quotidienne et de la guerre prêtés par les habitants d'Aramon (Poste de T.S.F., machine à écrire, masque à gaz, drapeaux des anciens combattants etc...).
Les échanges, très riches en souvenirs et anecdotes, ont été nombreux et très instructifs. La venue d'une classe du collège fut appréciée et remarquée ainsi que celle du Centre de loisirs et de l'Atelier sociolinguistique auxquels fut proposé un quizz sur l'expo.
Bien sûr, une bibliothèque se doit, pour un thème abordé, de créer un lien avec la littérature. Pour cette raison, une sélection de portraits d'écrivains et poètes résistants, accompagnés d'une brève biographie de ceux-ci, accueillaient le visiteur à l'entrée. Citons entre autres : René Char, Robert Desnos, Paul Eluard, Max Jacob, et une résistante trop méconnue en France : Charlotte Delbo.

Tous marquèrent cette période de notre histoire par leur engagement soit dans l'action, soit dans l'écriture, certains au péril de leur vie. L'occasion de redécouvrir quelques-uns de leurs poèmes et témoignages.




Âgé de cent mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir:: le matin est neuf, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Destinée arbitraire, Robert Desnos 1942 (Gallimard ed.)
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