Un lecteur québécois nous écrit

Publié le 15 Mai 2013

LA BIBLIOTHÈQUE POUR TOUS 

vue par un canadien en villégiature dans le village au mois de Mars 2013

Texte de Jacques Côté

Corrections : Jeanne Mainguy et Paul O’Neill

 

La France a la réputation, fort méritée d’ailleurs, d’avoir une complexité administrative qui frise souvent l’absurde, mais, comme dans la langue française, il y a toujours une exception. À Aramon, cette exception c’est la Bibliothèque Pour Tous, située rue Pitot.

Pour les ignorants Henri Pitot est la grande célébrité locale : ingénieur et physicien français (Aramon, Languedoc, 1695 - Aramon, Languedoc, 1771). On lui doit entre autres le tube de Pitot. Voilà le volet culturel de mon texte car lorsqu’on écrit sur une bibliothèque, ça prend de l’élévation d’esprit.

Entrons dans le vif du sujet. Quelques jours après mon arrivée, je décide de m’inscrire à ce haut lieu du savoir. Je me prépare minutieusement : je prends mon passeport, j’écris sur un bout de papier mon adresse et le nom de la locataire en titre, touche du bois et me lance à l’aventure.

La bibliothèque est située à quelques pas de chez-moi, dans l’ancien hôtel de ville datant du XVIIème siècle. La porte extérieure est ouverte. Une affiche m’indique l’endroit à l’intérieur. Les heures d’ouvertures sont clairement indiquées et sont respectées. Chose rare ici.

Problème, je suis incapable d’ouvrir la porte. Ma connaissance des serrures de cette époque laisse à désirer. Enfin, quelqu’un de l’intérieur vient m’ouvrir et m’explique gentiment le fonctionnement de cette porte ancestrale.

Je lui parle de tout et de rien pendant une ou deux minutes puis je lui annonce tout de go que je veux m’inscrire, que je suis étranger et vais demeurer à Aramon quatre mois.

Surprise, aucune réaction. Il me demande mon adresse à Aramon, la note dans son ordinateur puis mon numéro de téléphone. Pour l’adresse, je lui sors mon bout de papier, je lui donne et lui explique que je n’ai pas de téléphone. Il me répond que ça n’a aucune importance et m’inscrit officiellement.

Cet endroit est vraiment une exception française.

Puis il m’explique le fonctionnement de la bibliothèque, lequel est fort simple. On peut prendre jusqu’à trois livres et on doit les ramener dans les deux semaines suivantes. Cependant si on est en retard, il n’y a pas d’amende. Pour prendre un livre on doit payer un vingtième de sa valeur.  Il est à noter que tout le service est assuré par des bénévoles. Peut-être est-ce le secret de la simplicité et de l’efficacité de son fonctionnement.

Après, le bénévole m’explique le classement des livres et c’est terminé. Quelques minutes plus tard, j’enregistre mon premier livre, un roman policier d’Élizabeth Georges.

On discute un peu de ses mérites et je quitte en disant « Au revoir » et c’est fini.

Lors de mes visites suivantes, je n’ai rencontré que des gens empressés qui aiment et connaissent la littérature et sont prêts à répondre à toutes mes interrogations. Trouver un fonctionnaire aussi compétent et intéressé est comme acheter le billet gagnant à la loterie.

A la lumière du fonctionnement de la bibliothèque, je propose que tous les fonctionnaires soient supervisés par des équipes de bénévoles et je suis sûr que la vie de tous les français en serait simplifiée.

Rédigé par Bibliothèque Pour Tous

Publié dans #Coup de Cœur

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