25 Mars 1914 - MISTRAL est mort !
Publié le 27 Mars 2014
25 mars 1914 - 25 mars 2014; aujourd'hui nous célébrons le centenaire de la mort de Frédéric Mistral. J'aurai du dire "nous aurions du célébrer" puisque cet anniversaire, qui figure au calendrier des commémorations nationales pour 2014, n'a été évoqué ni par les médias nationaux ni par les régionaux.

Qui fut Frédéric Mistral ?
Voici comment il se définit dès les premiers vers de Mirèio :
et ce qu'en dit Pierre Fabre ancien capoulié du Félibrige :
"Frédéric Mistral
Maillane (Bouches-du-Rhône), 8 septembre 1830 - Maillane, 25 mars 1914
“Un deuil national. Mistral est mort !"Ainsi titrent les journaux en ces lendemains du 25 mars 1914. La Provence pleure son poète, le poète de Mirèio et de Calendau, de Nerto et du Pouèmo dóu Rose, des Isclo d’Or et des Oulivado. Celui qui a su redonner à la vieille langue d’oc ses lettres de noblesse et, en 1854, a fondé le Félibrige *. Celui qui a codifié l’orthographe de sa langue dans son monumental Tresor dóu Felibrige ou dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d’oc moderne. Celui qui a clairement affiché ses convictions fédéralistes dans son journal L’Aiòli. Celui aussi qui a offert à la Provence son premier musée de société avec le Museon Arlaten (financé par l'argent de son Prix Nobel). La France aussi pleure. Elle pleure celui qui, même s’il a, à plusieurs reprises, refusé un fauteuil à l’Académie française, n’en a pas moins été l’un de ses plus grands écrivains. Et depuis l’étranger, l’on salue aussi celui qui a été couronné dix années auparavant, en 1904, par le Prix Nobel de Littérature qu’il a obtenu avec le soutien des plus grands romanistes de son temps.
Le prix faillit pourtant lui échapper à cause d'une mauvaise traduction suédoise de son œuvre. Il dut partager sa distinction avec José Echegaray (dramaturge espagnol). Son prix Nobel qui récompensait une langue minoritaire, resta unique jusqu'en 1978, où Mistral fut rejoint par Isaac Bashevis Singer pour son œuvre écrite en Yiddish.
C’est en son village de Maillane que Frédéric Mistral est mort, là où il était né le 8 septembre 1830, non loin de Saint-Rémy-de-Provence, face aux Alpilles, là où il a vécu toute sa vie, au milieu des siens qu’il n’a que rarement quittés, là enfin où il a reçu, après tant d’autres visiteurs, inconnus ou illustres, le Président Raymond Poincaré venu lui rendre un ultime hommage. Et c’est là qu’on l’enterrera sous l’étoile aux sept rayons qui a illuminé toute son existence.
non nobis, Domine, non nobis,
sed nomini tuo
et Provinciae nostrae
da gloriam.
(Épitaphe gravée sur le tombeau de Mistral)
Car, de mourre-bourdoun qu’un pople toumbe esclau,
Se tèn sa lengo, tèn la clau
Que di cadeno lou deliéuro.
Car face contre terre, qu’un peuple tombe esclave,
S’il tient sa langue, il tient la clef
Qui le délivre des chaînes.
(Lis Isclo d’Or – Les îles d’Or)"
D'après :
En Mistral, dans sa devise , peut se reconnaître chaque Provencal, Languedocien ou habitant de la zone de langue d'Oc, comme il se reconnaît dans l'hymne provencal "Coupo Santo" qu'il a écrit
Didier
" La gardaren riboun-ribagno nosto rebello lengo d’O ! "
(nous la garderons coûte que coûte notre rebelle langue d’Oc)
(Frédéric Mistral)
"Uno lengo en un mot, es la revelacioun de la vido vidanto, la manifestacioun de la pensado umano, l’estrumen subre-sant di civilisacioun e lou testamen parlant di soucieta morto o vivo…"
(En un mot, une langue est la révélation de la vie quotidienne, la manifestation de la pensée humaine, l’instrument essentiel des civilisations et le testament parlant des sociétés mortes ou vivantes…)
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